Pendant longtemps, on a cru qu’être allergique au gluten était une fatalité rarissime.

Or, si cette intolérance est de plus en plus fréquente, elle est aussi de plus en plus gérable dans nos vies estudiantines. No gluten, mode d’emploi !

Pas de pain, de pâtes, de viennoiseries, de gâteaux, de pizzas… L’allergie au gluten exclut les céréales panifiables (blé, seigle, orge et avoine), les dérivés industriels type farines ou semoule, les préparations panées, de nombreux produits industriels (sauces, potages, plats cuisinés, fromages à moisissures, confiseries) et même certains médicaments… Tout un programme qui semble lourd à respecter.

Elisabeth, 20 ans, étudiante en droit à la Sorbonne, nous rassure cependant sur ce point : « On apprend très vite à se passer des pâtes et de la baguette auxquels nous sommes habitués depuis l’enfance. Même s’il y a de plus en plus de produits sans gluten, je cuisine beaucoup à base de produits frais et surgelés…Bien sûr, la boulangerie, c’est le boycott ! Mais je me fais un gâteau tous les jours, je profite. »

 

Et à la cantine ? On fait comment ?

Quand notre déjeuner se passe au quotidien à la cantine, comme pour beaucoup d’étudiants, comment on s’en sort ? Vanessa Gouyot, diététicienne nutritionniste , nous donne les clés du bien manger sans gluten : « Pour l’entrée, on se cantonne aux crudités, en vérifiant que la vinaigrette ne contient pas de gluten (émulsifiant et amidon), aux salades avec riz ou à de la charcuterie. Ne pas hésiter à prendre ses propres biscottes sans gluten, qui se trouvent partout au rayon diététique. Côté plat, on a le choix entre poisson et viande, mais cuit si possible à la vapeur, ou grillé, car attention au gluten dans la sauce, souvent épaissie par de la farine ! Pour les accompagnements, on a le choix : riz, pommes de terre, lentilles, pois chiches, petits pois, patates douces… »

 

Un menu idéal ?

Exemple de menu au self : une salade de carottes en entrée suivie d’un saumon grillé et d’une purée de légumes. Et pour le dessert, sujet ô combien épineux ? « Des produits laitiers : yaourts, fromage blanc, petits suisses… Attention aux flancs et autres crèmes gélifiées. Pas de souci pour les compotes également. Non aux crèmes glacées, mais oui au sorbet ou à la crème caramel maison… »

Et qu’en pense Elisabeth ? « Je ne mange pas à la cantine, je préfère m’apporter un bento que je prépare au réveil, contenant céréales, protéines et légumes. Le sandwich n’étant pas possible, reste la possibilité du japonais ou de l’indien, mais le budget n’est pas le même… »

Alors, être allergique au gluten, est-ce compliqué au quotidien ? Non, si on ne se prive pas, répond Vanessa Gouyot. « C’est l’occasion de voir une nutritionniste, ne serait-ce qu’une fois, pour cibler ce à quoi on a le droit ou pas. Il faut garder le plaisir de manger, et surtout, ne pas se dire : « je tente les pâtes de la cantine », car l’expérience sera très douloureuse…  » (douleurs articulaires et abdominales, gonflement, diarrhée, fatigue…)

Enfin, un rappel : l’allergie au gluten a un nom, c’est la maladie coeliaque. On n’est donc pas allergique au gluten quand notre ventre gonfle après trois pizzas ! « Il serait dommage de se priver de certains aliments sous couvert de maladie qu’on n’a pas », conclut Vanessa Gouyot.

Informations : Association française des intolérants au gluten (Afdiag)
2 rue de Vouillé 75005 Paris
Tél : 01 56 08 08 22

 
Source : letudiant.frArticle lu 378 fois

Article posté le 05/02/2013