• et Si On s’abonnait ?

  • Faut-il bouder les hybrides F1 ?

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    Qu’il s’agisse des asperges, aubergines, carottes, choux, courgettes ou poivrons, chaque année apporte sont lot de nouvelles variétés potagères… Faut-il pour autant céder à l’appel des sirènes des producteurs de semences qui promettent monts et merveilles aux jardiniers, en premier lieu une résistance aux maladies, ou bien opter pour des variétés anciennes qui préservent la biodiversité ? Le débat est ouvert entre amateurs d’hybrides F1 et adeptes des variétés traditionnelles…

    Avis des lecteurs :

    Initialement destinés aux agriculteurs, les fameux hybrides F1 dont on vante les progrès tant au niveau de la culture que de la qualité de la récolte, ont rapidement conquis le marché des jardiniers amateurs. Précocité, résistance aux maladies (oidium, mildiou, mosaique de la laitue, etc.) et ravageurs, ainsi qu’au froid et à la sécheresse, culture et récolte facilitées, meilleur rendement, légumes de calibres homogène et de belle présentation, absence d’amertume (concombres, chicorées), racines tendre à cœur et plus colorées (carottes), meilleure conservation et aptitude à la congélation… leurs qualités avérées séduit un public de plus en plus important. Sans oublier une germination plus rapide et un développement plus vigoureux !

    De réels inconvénients…

    Plus chères à l’achat, les variétés hybrides présentent un autre gros inconvénient : leurs qualités ne sont héréditaires, ce qui implique de racheter des semences chaque année au risque de se retrouver, si on en récolte les graines pour les ressemer, avec des plantes de moindre qualité. L’hybride F1 est donc une manne pour l’industrie semencière ! Mais les récriminations à l’encontre des hybrides ne s’arrêtent pas là… Le « dopage » de leur vitesse de croissance impliquerait en effet de plus grandes exigences en matière d’eau et d’apport de nutriments, ce qui les destineraient plutôt aux cultures intensives standardisées comme le confirme l’homogénéité de leur production parfaitement adaptée à ce type de production mécanisée. Par ailleurs, on s’interroge aussi sur la qualité de leur valeur alimentaire et gustative par rapport aux variétés de terroir ou anciennes. Boostées en phase de croissance, ces « nouveaux » légumes perdraient en effet à maturation en capacité à accumuler les substances qui donnent la texture et l’arôme, bref en saveur. En particulier quand il s’agit de légumes-fruits, plus riches en eau, en molécules simples et solubles, qui du coup sont moins riches en molécules complexes de type protéines, sucres lents, antioxydants… L’amélioration de leur qualité organoleptique est d’ailleurs un des enjeux des recherches des sélectionneurs rattachés à des organismes publics ou des entreprises privées.

    … Mais souvent utiles

    Reste que dans certaines situations, l’utilisation d’hybrides s’avère une solution, si ce n’est LA solution, pour s’affranchir de la terre et des saisons. D’autant que cultivés de façon naturelle, ces légumes pourront aussi donner toute satisfaction aux jardiniers en difficulté qui avaient renoncé à certaines espèces s’avérant impossible ou presque à acclimater au potager pour cause de stress climatique (altitude, humidité chronique, froid, salinité). Alors, s’il faut bien sûr rester vigilant sur la régression des variétés locales et paysannes au profit de ces variétés « améliorées », il serait sans doute dommage de bouder son plaisir de laitues bien croquantes, de pommes de terre lisses à chair jaune et ferme, de récoltes groupées de haricots verts à congeler… Prendre le meilleur de chaque espèce et variété s’avère un choix de roi au potager. Il permet tout à la fois de préserver l’héritage culturel des jardiniers d’autrefois grâce à l’utilisation de variété de terroir à multiplier soi-même, d’obtenir une grande diversité de formes, de couleurs et de goûts, tout en bénéficiant des avantages des variétés hybrides qui facilitent incontestablement le travail des jardiniers en difficultés.

     

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